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DE LA COPROPRIÉTÉ DIVISE D'UN IMMEUBLE
(Extrait du Texte intégral du Code Civil du Québec portant sur la copropriété divise)
SECTION I
DE L'ÉTABLISSEMENT DE LA COPROPRIÉTÉ DIVISE
1038. La copropriété divise d'un immeuble est établie par la publication d'une déclaration en vertu de laquelle la propriété de l'immeuble est divisée en fractions, appartenant à une ou plusieurs personnes.
1039. La collectivité des copropriétaires constitue, dès la publication de
la déclaration de copropriété, une personne morale qui a pour objet la
conservation de l'immeuble, l'entretien et l'administration des parties
communes, la sauvegarde des droits afférents à l'immeuble ou à la
copropriété, ainsi que toutes les opérations d'intérêt commun.
Elle prend le nom de syndicat.
1040. La copropriété divise peut être établie sur un immeuble bâti par
l'emphytéote ou sur un immeuble qui fait l'objet d'une propriété
superficiaire si la durée non écoulée des droits, au moment de la
publication de la déclaration, est supérieure à 50 ans.
En ces cas, chaque copropriétaire est tenu à l'égard du propriétaire de
l'immeuble faisant l'objet de l'emphytéose ou de la propriété superficiaire,
d'une manière divise et en proportion de la valeur relative de sa fraction,
des obligations divisibles de l'emphytéote ou du superficiaire, selon le
cas; le syndicat est tenu des obligations indivisibles.
SECTION II
1041. La valeur relative de chaque fraction de la copropriété divise est
établie par rapport à la valeur de l'ensemble des fractions, en fonction de
la nature, de la destination, des dimensions et de la situation de la partie
privative de chaque fraction, mais sans tenir compte de son utilisation.
Elle est déterminée dans la déclaration.
1042. Sont dites privatives les parties des bâtiments et des terrains qui sont la propriété d'un copropriétaire déterminé et dont il a l'usage exclusif.
1043. Sont dites communes les parties des bâtiments et des terrains qui
sont la propriété de tous les copropriétaires et qui servent à leur usage
commun.
Cependant, certaines de ces parties peuvent ne servir qu'à l'usage de
certains copropriétaires ou d'un seul. Les règles relatives aux parties
communes s'appliquent à ces parties communes à usage restreint.
1044. Sont présumées parties communes le sol, les cours, balcons, parcs et jardins, les voies d'accès, les escaliers et ascenseurs, les passages et corridors, les locaux des services communs, de stationnement et d'entreposage, les caves, le gros œuvre des bâtiments, les équipements et les appareils communs, tels les systèmes centraux de chauffage et de climatisation et les canalisations, y compris celles qui traversent les parties privatives.
1047. Chaque fraction constitue une entité distincte et peut faire l'objet d'une aliénation totale ou partielle; elle comprend, dans chaque cas, la quote-part des parties communes afférente à la fraction, ainsi que le droit d'usage des parties communes à usage restreint, le cas échéant.
1048. La quote-part des parties communes d'une fraction ne peut faire l'objet, séparément de la partie privative de cette fraction, ni d'une aliénation ni d'une action en partage.
1049. L'aliénation d'une partie divise d'une partie privative est sans effet si la déclaration de copropriété et le plan cadastral n'ont pas été préalablement modifiés pour créer une nouvelle fraction, la décrire, lui attribuer un numéro cadastral distinct et déterminer sa valeur relative, ou pour faire état des modifications apportées aux limites des parties privatives contiguës.
1050. Chaque fraction forme une entité distincte aux fins d'évaluation et
d'imposition foncière.
Le syndicat doit être mis en cause en cas de contestation en justice de
l'évaluation d'une fraction par un copropriétaire.
1051. Malgré les articles 2650 et 2662, l'hypothèque, les sûretés additionnelles qui s'y greffent ou les priorités existantes sur l'ensemble de l'immeuble détenu en copropriété, lors de l'inscription de la déclaration de copropriété, se divisent entre les fractions suivant la valeur relative de chacune d'elles ou suivant toute autre proportion prévue.
SECTION III
DE LA DÉCLARATION DE COPROPRIÉTÉ
§ 1. Du
contenu de la déclaration
1052. La déclaration de copropriété comprend l'acte constitutif de
copropriété, le règlement de l'immeuble et l'état descriptif des fractions.
1053. L'acte constitutif de copropriété définit la destination de
l'immeuble, des parties privatives et des parties communes.
Il détermine également la valeur relative de chaque fraction et indique la
méthode suivie pour l'établir, la quote-part des charges et le nombre de
voix attachées à chaque fraction et prévoit toute autre convention relative
à l'immeuble ou à ses parties privatives ou communes. Il précise aussi les
pouvoirs et devoirs respectifs du conseil d'administration du syndicat et de
l'assemblée des copropriétaires.
1054. Le règlement de l'immeuble contient les règles relatives à la
jouissance, à l'usage et à l'entretien des parties privatives et communes,
ainsi que celles relatives au fonctionnement et à l'administration de la
copropriété.
Le règlement porte également sur la procédure de cotisation et de
recouvrement des contributions aux charges communes.
1055. L'état descriptif contient la désignation
cadastrale des parties privatives et des parties communes de l'immeuble.
Il contient aussi une description des droits réels grevant l'immeuble ou
existant en sa faveur, sauf les hypothèques et les sûretés additionnelles
qui s'y greffent.
1056. La déclaration de copropriété ne peut imposer aucune restriction aux droits des copropriétaires, sauf celles qui sont justifiées par la destination de l'immeuble, ses caractères ou sa situation.
1057. Le règlement de l'immeuble est opposable au locataire ou à l'occupant d'une partie privative, dès qu'un exemplaire du règlement ou des modifications qui lui sont apportées lui est remis par le copropriétaire ou, à défaut, par le syndicat.
1058. A moins que l'acte constitutif de
copropriété ne le prévoie expressément, une fraction ne peut être détenue
par plusieurs personnes ayant chacune un droit de jouissance, périodique et
successif, de la fraction et elle ne peut non plus être aliénée dans ce but.
Le cas échéant, l'acte doit indiquer le nombre de fractions qui peuvent être
ainsi détenues, les périodes d'occupation, le nombre maximum de personnes
qui peuvent détenir ces fractions, ainsi que les droits et les obligations
de ces occupants.
§ 2. De l'inscription de la déclaration
1059. La déclaration de copropriété doit être notariée et en minute; il en
est de même des modifications qui sont apportées à l'acte constitutif de
copropriété et à l'état descriptif des fractions.
La déclaration doit être signée par tous les propriétaires de l'immeuble,
par l'emphytéote ou le superficiaire, le cas échéant, ainsi que par les
créanciers qui détiennent une hypothèque sur l'immeuble; les modifications
sont signées par le syndicat.
1060. La déclaration, ainsi que les
modifications apportées à l'acte constitutif de copropriété et à l'état
descriptif des fractions, sont présentées au bureau de la publicité des
droits. La déclaration est inscrite au registre foncier, sous les numéros
d'immatriculation des parties communes et des parties privatives; les
modifications ne sont inscrites que sous le numéro d'immatriculation des
parties communes, à moins qu'elles ne touchent directement une partie
privative. Quant aux modifications apportées au règlement de l'immeuble, il
suffit qu'elles soient déposées auprès du syndicat.
Le cas échéant, l'emphytéote ou le superficiaire doit donner avis de
l'inscription au propriétaire de l'immeuble faisant l'objet d'une emphytéose
ou sur lequel a été créée une propriété superficiaire.
1061. L'inscription d'un acte qui concerne une partie privative vaut pour la quote-part des parties communes qui y est afférente, sans qu'il y ait lieu de faire une inscription sous le numéro d'immatriculation des parties communes
1062. La déclaration de copropriété lie les copropriétaires, leurs ayants cause et les personnes qui l'ont signée et produit ses effets envers eux, à compter de son inscription.
SECTION IV
DES DROITS ET OBLIGATIONS DES COPROPRIÉTAIRES
1063. Chaque copropriétaire dispose de sa fraction; il use et jouit librement de sa partie privative et des parties communes, à la condition de respecter le règlement de l'immeuble et de ne porter atteinte ni aux droits des autres copropriétaires ni à la destination de l'immeuble.
1064. Chacun des copropriétaires contribue, en proportion de la valeur relative de sa fraction, aux charges résultant de la copropriété et de l'exploitation de l'immeuble, ainsi qu'au fonds de prévoyance constitué en application de l'article 1071. Toutefois, les copropriétaires qui utilisent les parties communes à usage restreint contribuent seuls aux charges qui en résultent.
1065. Le copropriétaire qui loue sa partie privative doit le notifier au syndicat et indiquer le nom du locataire.
1066. Aucun copropriétaire ne peut faire
obstacle à l'exécution, même à l'intérieur de sa partie privative, des
travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble décidés par le syndicat
ou des travaux urgents.
Lorsque la partie privative est louée, le syndicat donne au locataire, le
cas échéant, les avis prévus par les articles 1922 et 1931 relatifs aux
améliorations et aux travaux.
1067. Le copropriétaire qui subit un préjudice par suite de l'exécution des travaux, en raison d'une diminution définitive de la valeur de sa fraction, d'un trouble de jouissance grave, même temporaire, ou de dégradations, a le droit d'obtenir une indemnité qui est à la charge du syndicat si les travaux ont été faits à la demande de celui-ci; autrement l'indemnité est à la charge des copropriétaires qui ont fait les travaux.
1068. Tout copropriétaire peut, dans les cinq
ans du jour de l'inscription de la déclaration de copropriété, demander au
tribunal la révision, pour l'avenir, de la valeur relative des fractions et
de la répartition des charges communes.
Le droit à la révision ne peut être exercé que s'il existe, entre la valeur
relative accordée à une fraction ou la part des charges communes qui y est
afférente et la valeur relative ou la part qui aurait dû être établie,
suivant les critères prévus à la déclaration de copropriété, un écart de
plus d'un dixième soit en faveur d'un autre copropriétaire, soit au
préjudice du copropriétaire qui fait la demande.
1069. Celui qui, par quelque mode que ce soit, y
compris par suite de l'exercice d'un droit hypothécaire, acquiert une
fraction de copropriété divise est tenu au paiement de toutes les charges
communes dues relativement à cette fraction au moment de l'acquisition.
Celui qui se propose d'acquérir une fraction de copropriété peut néanmoins
demander au syndicat des copropriétaires un état des charges communes dues
relativement à cette fraction et le syndicat est, de ce fait, autorisé à le
lui fournir, sauf à en aviser au préalable le propriétaire de la fraction ou
ses ayants cause; le proposant acquéreur n'est alors tenu au paiement de ces
charges communes que si l'état lui est fourni par le syndicat dans les 15
jours de la demande.
L'état fourni est ajusté selon le dernier budget annuel des copropriétaires.
SECTION V
DES DROITS ET OBLIGATIONS DU SYNDICAT
1070. Le syndicat tient à la disposition des
copropriétaires un registre contenant le nom et l'adresse de chaque
copropriétaire et de chaque locataire, les procès-verbaux des assemblées des
copropriétaires et du conseil d'administration, ainsi que les états
financiers.
Il tient aussi à leur disposition la déclaration de copropriété, les copies
de contrats auxquels il est partie, une copie du plan cadastral, les plans
et devis de l'immeuble bâti, le cas échéant, et tous autres documents
relatifs à l'immeuble et au syndicat.
1071. Le syndicat constitue, en fonction du coût estimatif des réparations majeures et du coût de remplacement des parties communes, un fonds de prévoyance, liquide et disponible à court terme, affecté uniquement à ces réparations et remplacements. Ce fonds est la propriété du syndicat.
1072. Annuellement, le conseil d'administration
fixe, après consultation de l'assemblée des copropriétaires, la contribution
de ceux-ci aux charges communes, après avoir déterminé les sommes
nécessaires pour faire face aux charges découlant de la copropriété et de
l'exploitation de l'immeuble et les sommes à verser au fonds de prévoyance.
La contribution des copropriétaires au fonds de prévoyance est d'au moins 5
% de leur contribution aux charges communes. Il peut être tenu compte, pour
l'établir, des droits respectifs des copropriétaires sur les parties
communes à usage restreint.
Le syndicat avise, sans délai, chaque copropriétaire du montant de ses
contributions et de la date où elles sont exigibles.
1073. Le syndicat a un intérêt assurable dans
tout l'immeuble, y compris les parties privatives. Il doit souscrire des
assurances contre les risques usuels, tels le vol et l'incendie, couvrant la
totalité de l'immeuble, à l'exclusion des améliorations apportées par un
copropriétaire à sa partie. Le montant de l'assurance souscrite correspond à
la valeur à neuf de l'immeuble.
Il doit aussi souscrire une assurance couvrant sa responsabilité envers les
tiers.
1074. La violation d'une des conditions du contrat d'assurance par un copropriétaire n'est pas opposable au syndicat.
1075. L'indemnité due au syndicat à la suite
d'une perte importante est, malgré l'article 2494, versée au fiduciaire
nommé dans l'acte constitutif de copropriété ou, à défaut, désigné par le
syndicat.
Elle doit être utilisée pour la réparation ou la reconstruction de
l'immeuble, sauf si le syndicat décide de mettre fin à la copropriété; en ce
cas, le fiduciaire, après avoir déterminé la part de l'indemnité de chacun
des copropriétaires en fonction de la valeur relative de sa fraction, paie,
sur cette part, les créanciers prioritaires et hypothécaires suivant les
règles de l'article 2497. Il remet, pour chacun des copropriétaires, le
solde de l'indemnité au liquidateur du syndicat avec son rapport.
1076. Le syndicat peut, s'il y est autorisé,
acquérir ou aliéner des fractions, des parties communes ou d'autres droits
réels.
L'acquisition qu'il fait d'une fraction n'enlève pas son caractère à la
partie privative. Cependant, en assemblée générale, il ne dispose d'aucune
voix pour ces parties et le total des voix qui peuvent être exprimées est
réduit d'autant.
1077. Le syndicat est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers par le vice de conception ou de construction ou le défaut d'entretien des parties communes, sans préjudice de toute action récursoire.
1078. Le jugement qui condamne le syndicat à
payer une somme d'argent est exécutoire contre lui et contre chacune des
personnes qui étaient copropriétaires au moment où la cause d'action a pris
naissance, proportionnellement à la valeur relative de sa fraction.
Ce jugement ne peut être exécuté sur le fonds de prévoyance, sauf pour une
dette née de la réparation de l'immeuble ou du remplacement des parties
communes.
1079. Le syndicat peut, après avoir avisé le locateur et le locataire, demander la résiliation du bail d'une partie privative lorsque l'inexécution d'une obligation par le locataire cause un préjudice sérieux à un copropriétaire ou à un autre occupant de l'immeuble.
1080. Lorsque le refus du copropriétaire de se
conformer à la déclaration de copropriété cause un préjudice sérieux et
irréparable au syndicat ou à l'un des copropriétaires, l'un ou l'autre peut
demander au tribunal de lui enjoindre de s'y conformer.
Si le copropriétaire transgresse l'injonction ou refuse d'y obéir, le
tribunal peut, outre les autres peines qu'il peut imposer, ordonner la vente
de la fraction conformément aux dispositions du Code de procédure civile
relatives à la vente du bien d'autrui.
1081. Le syndicat peut intenter toute action
fondée sur un vice caché, un vice de conception ou de construction de
l'immeuble ou un vice du sol. Dans le cas où les vices concernent les
parties privatives, le syndicat ne peut agir sans avoir obtenu
l'autorisation des copropriétaires de ces parties.
Le défaut de diligence que peut opposer le défendeur à l'action fondée sur
un vice caché s'apprécie, à l'égard du syndicat ou d'un copropriétaire, à
compter du jour de l'élection d'un nouveau conseil d'administration, après
la perte de contrôle du promoteur sur le syndicat.
1082. Le syndicat a le droit, dans les six mois à compter de la notification qui lui est faite par le propriétaire de l'immeuble faisant l'objet d'une emphytéose ou d'une propriété superficiaire de son intention de céder à titre onéreux ses droits dans l'immeuble, de les acquérir, dans ce seul délai, par préférence à tout autre acquéreur éventuel. Si la cession projetée ne lui est pas notifiée, le syndicat peut, dans les six mois à compter du moment où il apprend qu'un tiers a acquis les droits du propriétaire, acquérir les droits de ce tiers en lui remboursant le prix de la cession et les frais qu'il a acquittés.
1083. Le syndicat peut adhérer à une association de syndicats de copropriétés constituée pour la création, l'administration et l'entretien de services communs à plusieurs immeubles détenus en copropriété ou pour la poursuite d'intérêts communs.
SECTION VI
DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DU SYNDICAT
1084. La composition du conseil d'administration
du syndicat, le mode de nomination, de remplacement ou de rémunération des
administrateurs, ainsi que les autres conditions de leur charge, sont fixés
par le règlement de l'immeuble.
En cas de silence du règlement ou d'impossibilité de procéder en la manière
prévue, le tribunal peut, à la demande d'un copropriétaire, nommer ou
remplacer un administrateur et fixer les conditions de sa charge.
1085. L'administration courante du syndicat peut
être confiée à un gérant choisi, ou non, parmi les copropriétaires.
Le gérant agit à titre d'administrateur du bien d'autrui chargé de la simple
administration.
1086. Le syndicat peut remplacer l'administrateur ou le gérant qui, étant copropriétaire, néglige de payer sa contribution aux charges communes ou au fonds de prévoyance.
SECTION VII
DE L'ASSEMBLÉE DES COPROPRIÉTAIRES
1087. L'avis de convocation de l'assemblée annuelle des copropriétaires doit être accompagné, en plus du bilan, de l'état des résultats de l'exercice écoulé, de l'état des dettes et créances, du budget prévisionnel, de tout projet de modification à la déclaration de copropriété et d'une note sur les modalités essentielles de tout contrat proposé et de tous travaux projetés.
1088. Tout copropriétaire peut, dans les cinq
jours de la réception de l'avis de convocation, faire inscrire toute
question à l'ordre du jour.
Avant la tenue de l'assemblée, le conseil d'administration avise par écrit
les copropriétaires des questions nouvellement inscrites.
1089. Le quorum, à l'assemblée, est constitué
par les copropriétaires détenant la majorité des voix.
Si le quorum n'est pas atteint, l'assemblée est alors ajournée à une autre
date, dont avis est donné à tous les copropriétaires; les 3/4 des membres
présents ou représentés à la nouvelle assemblée y constituent le quorum.
L'assemblée où il n'y a plus quorum doit être ajournée si un copropriétaire
le réclame.
1090. Chaque copropriétaire dispose, à l'assemblée, d'un nombre de voix proportionnel à la valeur relative de sa fraction. Les indivisaires d'une fraction exercent leurs droits dans la proportion de leur quote-part indivise.
1091. Lorsqu'un copropriétaire dispose, dans une copropriété comptant moins de cinq fractions, d'un nombre de voix supérieur à la moitié de l'ensemble des voix des copropriétaires, le nombre de voix dont il dispose, à une assemblée, est réduit à la somme des voix des autres copropriétaires présents ou représentés à cette assemblée.
1092. Le promoteur d'une copropriété comptant
cinq fractions ou plus ne peut disposer, outre les voix attachées à la
fraction qui lui sert de résidence, de plus de 60 % de l'ensemble des voix
des copropriétaires à l'expiration de la deuxième et de la troisième année
de la date d'inscription de la déclaration de copropriété.
Ce nombre est réduit à 25 % par la suite.
1093. Est considéré comme promoteur celui qui, au moment de l'inscription de la déclaration de copropriété, est propriétaire d'au moins la moitié de l'ensemble des fractions ou ses ayants cause, sauf celui qui acquiert de bonne foi et dans l'intention de l'habiter une fraction pour un prix égal à sa valeur marchande.
1094. Le copropriétaire qui, depuis plus de trois mois, n'a pas acquitté sa quote-part des charges communes ou sa contribution au fonds de prévoyance, est privé de son droit de vote.
1095. La cession des droits de vote d'un copropriétaire doit être dénoncée au syndicat pour lui être opposable.
1096. Les décisions du syndicat sont prises à la majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés à l'assemblée, y compris celles visant à corriger une erreur matérielle dans la déclaration de copropriété.
1097. Sont prises à la majorité des copropriétaires, représentant les 3/4 des voix de tous les copropriétaires, les décisions qui concernent:
Les actes d'acquisition ou d'aliénation immobilière par le syndicat;
Les travaux de transformation, d'agrandissement ou d'amélioration des parties communes, ainsi que la répartition du coût de ces travaux;
La construction de bâtiments pour créer de nouvelles fractions;
La modification de l'acte constitutif de copropriété ou de l'état descriptif des fractions.
1098. Sont prises à la majorité des 3/4 des copropriétaires, représentant 90 % des voix de tous les copropriétaires, les décisions:
Qui changent la destination de l'immeuble;
Qui autorisent l'aliénation des parties communes dont la conservation est nécessaire au maintien de la destination de l'immeuble;
Qui modifient la déclaration de copropriété pour permettre la détention d'une fraction par plusieurs personnes ayant un droit de jouissance périodique et successif.
1099. Lorsque le nombre de voix dont dispose un copropriétaire ou un promoteur est réduit, en application de la présente section, le total des voix des copropriétaires est réduit d'autant pour le vote des décisions exigeant la majorité en nombre et en voix.
1100. Les copropriétaires de parties privatives
contiguës peuvent modifier les limites de leur partie privative sans
l'accord de l'assemblée, à la condition d'obtenir le consentement de leur
créancier hypothécaire et du syndicat. La modification ne peut augmenter ou
diminuer la valeur relative de l'ensemble des parties privatives modifiées
ou l'ensemble des droits de vote qui y sont attachés.
Le syndicat modifie la déclaration de copropriété et le plan cadastral aux
frais de ces copropriétaires; l'acte de modification doit être accompagné
des consentements des créanciers, des copropriétaires et du syndicat.
1101. Est réputée non écrite toute stipulation de la déclaration de copropriété qui modifie le nombre de voix requis pour prendre une décision prévue par le présent chapitre.
1102. Est sans effet toute décision du syndicat qui, à l'encontre de la déclaration de copropriété, impose au copropriétaire une modification à la valeur relative de sa fraction, à la destination de sa partie privative ou à l'usage qu'il peut en faire.
1103. Tout copropriétaire peut demander au
tribunal d'annuler une décision de l'assemblée si elle est partiale, si elle
a été prise dans l'intention de nuire aux copropriétaires ou au mépris de
leurs droits, ou encore si une erreur s'est produite dans le calcul des
voix.
L'action doit, sous peine de déchéance, être intentée dans les 60 jours de
l'assemblée.
Le tribunal peut, si l'action est futile ou vexatoire, condamner le
demandeur à des dommages-intérêts.
SECTION VIII
DE LA PERTE DE CONTRÔLE DU PROMOTEUR SUR LE SYNDICAT
1104. Dans les 90 jours à compter de celui où le
promoteur d'une copropriété ne détient plus la majorité des voix à
l'assemblée des copropriétaires, le conseil d'administration doit convoquer
une assemblée extraordinaire des copropriétaires pour l'élection d'un
nouveau conseil d'administration.
Si l'assemblée n'est pas convoquée dans les 90 jours, tout copropriétaire
peut le faire.
1105. Le conseil d'administration, lors de cette
assemblée, rend compte de son administration.
Il produit des états financiers, lesquels doivent être accompagnés de
commentaires d'un comptable sur la situation financière du syndicat. Le
comptable doit, dans son rapport aux copropriétaires, indiquer toute
irrégularité qu'il constate.
Les états financiers doivent être vérifiés sur demande des copropriétaires
représentant 40 % des voix de tous les copropriétaires. Cette demande peut
être faite en tout temps, même avant l'assemblée.
1106. Le comptable a accès, à tout moment, aux
livres, comptes et pièces justificatives qui concernent la copropriété.
Il peut exiger du promoteur ou d'un administrateur les informations et
explications qu'il estime nécessaires à l'accomplissement de ses fonctions.
1107. Le nouveau conseil d'administration peut, dans les 60 jours de l'élection, mettre fin sans pénalité au contrat conclu par le syndicat pour l'entretien de l'immeuble ou pour d'autres services, antérieurement à cette élection, lorsque la durée du contrat excède un an.
SECTION IX
1108. Il peut être mis fin à la copropriété par
décision des 3/4 des copropriétaires représentant 90 % des voix de tous les
copropriétaires.
La décision de mettre fin à la copropriété doit être consignée dans un écrit
que signent le syndicat et les personnes détenant des hypothèques sur tout
ou partie de l'immeuble. Cette décision est inscrite au registre foncier,
sous les numéros d'immatriculation des parties communes et des parties
privatives.
1109. Le syndicat est liquidé suivant les règles
du livre premier applicables aux personnes morales.
À cette fin, le liquidateur est saisi, en plus des biens du syndicat, de
l'immeuble et de tous les droits et obligations des copropriétaires dans
l'immeuble.